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janvier 2012
Brèves réflexions sur notre futur
international immédiat
acques MYARD,
Député de laNation
Président du Cercle Nation et République
Un contexte international difficile
Il faut se rendre à l’évidence, la situation internationale se dégrade rapidement sous l’effet des ruptures démographiques et économiques, avec en parallèle des affrontements idéologiques et religieux qui ne cessent de s’exacerber malgré des phases d’apparente accalmie.
Cette appréciation certes rapide de la situation internationale vaut plus particulièrement pour la zone Méditerranée-Proche Orient et Afrique, qui constituent le voisinage immédiat de la France et de l’Europe.
Les chiffres de la démographie de l’Afrique illustrent parfaitement la rupture entre ce continent et l’Europe. En 1950, l’Afrique avait 250 millions d’habitants, plus d’un milliard en 2000, et sans doute 1,6 milliards voire davantage en 2040, c’est à dire demain matin.
Certains pays comme l’Egypte, le Nigeria, croissent à une vitesse record de +1,2 millions d’habitants annuellement en Egypte, le Nigeria avait sans doute 75 millions d’habitants en 1977 ; il a le double aujourd’hui. Cette croissance s’accompagne d’une urbanisation chaotique et parfois monstrueuse à Lagos, à Kinshasa, au Caire. Les conditions de vie y sont de plus en plus difficiles pour les populations qui aspirent à s’évader de leur quotidien sans perspective.
Cette surpopulation va entrainer des flux migratoires multiples, certainement sud-nord, mais aussi sud-sud, entrainant des mouvements très déstabilisateurs pour de nombreux Etats, pour autant que la notion d’Etat ait encore un sens dans certains pays proches d’un réel chaos comme la Somalie.
En parallèle à ces déséquilibres démographiques et économiques s’accroissent les affrontements idéologiques. Certains experts estiment qu’après la mort de Ben Laden, le terrorisme de l’intégrisme islamiste radical est sur le déclin. Rien n’est moins certain pour deux raisons :
La première raison réside dans le fait que la radicalisation de l’islam n’est pas un phénomène conjoncturel lié à quelques hommes, mais une tendance lourde, structurelle, qui s’inscrit dans le long terme, sans doute au delà d’un siècle !
La seconde raison est une raison objective. Il est possible que l’intégrisme islamique puisse s’affadir à la longue, mais les tensions internationales feront naître d’autres idéologies extrémistes. En un mot le terrorisme a de beaux jours devant lui, c’est une quasi certitude.
Au delà des flux de populations transnationaux qui vont caractériser les relations internationales dans les prochaines décennies, un corolaire a toutes les chances de se développer sur le territoire de plusieurs Etats européens dont la France. La constitution de ghettos communautaristes qui vivent en marge des communautés nationales. L’exemple du « Londonistan » constitue un indice précurseur que l’on ne peut négliger.
Déstabilisation internationale, dérive communautariste à l’intérieur, c’est là une hypothèse possible, sinon très probable de notre avenir.
Collectivement nous allons devoir relever un défi majeur : tenter de stabiliser les pays du sud par un effort de développement et des programmes de contrôle démographiques contrôler très fermement les flux migratoires, tout en renforçant les conditions d’intégration et d’assimilation.
Un système de défense sollicité
Dans ce contexte international difficile, notre défense aura un rôle majeur pour faire face.
En premier lieu, conformément aux options du dernier Livre Blanc, la capacité de renseignement doit être privilégiée de manière constante. La dimension satellitaire renforcée et développée.
Aux renseignements techniques, la dimension humaine ne saurait être négligée, la montée en puissance de la DGSE et de la DCRI doit être poursuivie, en assurant notamment à leurs personnels des profils de carrière suffisamment attractifs.
En corolaire et en amont de ces actions, la France doit investir intellectuellement par une connaissance approfondie du monde arabo-musulman et africain. Notre sécurité ne se joue plus sur la Vistule, mais en Méditerranée, au Proche Orient, et en Afrique. Nous devons spécialiser les meilleurs de nos diplomates et de nos militaires sur ces zones. Notre avenir ne se joue pas dans les salons à Bruxelles ou Washington.
Quant à nos forces armées, nous avons atteint aujourd’hui l’étiage, avec 1,6% de PIB consacré à la défense, nous n’avons plus de marge de manœuvre. Toute nouvelle diminution quantitative, dissolution nouvelle de régiment, mettra notre crédibilité et notre statut de grande puissance en péril. Certains experts bien pensants vont prétendre que nous n’en avons plus les moyens budgétaires. La réponse réside dans notre capacité à retrouver notre indépendance monétaire pour avoir une monnaie adaptée à notre économie afin de retrouver la croissance. L’euro surévalué étrangle notre économie et hypothèque notre croissance.
Notre armée aujourd’hui est organisée pour se projeter dans des opérations extérieures, là où le gouvernement a décidé de l’engager conformément aux décisions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, ou en application du droit de légitime défense de l’article 51 de la Charte. Cette organisation répond à la situation internationale, mais il reste à sécuriser le territoire national.
Les forces de police et de gendarmerie de 100 000 hommes chacune, sont-elles suffisantes ? Oui en temps de paix, mais le risque de dérive communautariste peut engendrer des troubles intérieurs bien réels. Il serait irresponsable de l’ignorer !
La réponse réside dans la constitution d’une Garde Nationale de volontaires, encadrée par les forces de gendarmerie, constituée de manière décentralisée dans chaque département. Cette force doit pouvoir quadriller le territoire pour assurer la sécurité.
Il ne s’agit là que d’un ultime recours, la meilleure garantie de la sécurité intérieure résultant dans la mise en œuvre d’une action politique très ferme d’intégration et d’assimilation conformément aux principes républicains et en premier lieu en faisant respecter la laïcité.
Il n’y a de défense que nationale, c’est une constante de l’histoire. La solidité de nos alliances réside d’abord dans la crédibilité de notre propre défense. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas inciter nos partenaires européens à se prendre en charge et à prendre en compte les réalités. L’Italie et l’Espagne vont subir directement les chocs à venir sur le front sud. C’est avec ces deux pays, au delà de notre alliance séculaire avec le Royaume-Uni que nous devons amplifier notre coopération militaire . En tout état de cause, nous ne devons y mettre aucune exclusive. La finalité, notre sécurité, mais aussi la sécurité de l’Europe commandera la coalition.
L’histoire est sans fin. A nous d’en relever les défis, une nouvelle fois notre défense est une priorité d’avenir. |