Accueil > Médias >Revue de Presse > Economie > Page précédente
 


dimanche 10 mai 2009


Les énormes enjeux des jeux

Mardi dernier, à la Maison de la Chimie, se sont tenues les 3è rencontres parlementaires sur le thème "Jeux d'argent, Internet et droit communautaire : comment adapter le modèle français". L'objectif était ambitieux, et le sujet a tout juste été effleuré

Présidée par Jacques Myard, cette journée a réuni une quinzaine d'acteurs ou observateurs du monde des paris : opérateurs, sociologue, psychologue, représentants d'associations de consommateurs mais aussi de la police des jeux, sans oublier les "politiques". Autour de Jacques Myard, Jean-François Lamour, ancien Ministre des Sports, Jean Dionis du Séjour, député-maire d'Agen, mais aussi Jean-Marie Le Guen, député de Paris, se sont succédés à la tribune, avant que cette journée ne soit clôturée par Sébastien Proto, directeur adjoint du cabinet d'Eric Woerth.

Retenir les temps forts d'autant d'interventions est nécessairement subjectif, mais nécessaire. On se souviendra ainsi du message du représentant du ministre, en guise de conclusion, "sur la nécessité d'aller vite maintenant, sachant qu'une régulation nationale est incontournable" en matière d'ouverture des paris. Tout comme celui du député Jacques Myard, évoquant le projet de loi sur la table actuellement, "sa complexité car le diable se situe toujours dans le détail" et le pronostic suivant "si la loi est votée, je suis intimement persuadé que le législateur y reviendra dans l'avenir"

Car, s'il est un sentiment partagé partous les intervenants de ce colloque, c'est bien que "le jeu est spécifique et doit être utile à la société", selon les propos de Christian Blanchard-Dignac, PDG de La Française des Jeux. Mais aussi que "le jeu en ligne cumule les risques du pari avec ceux d'Internet", selon le même orateur, propos confirmés par la présidente de SOS Joueurs, quand elle évoque le cas de 2600 personnes recensées par son association dont le capital emprunté par le jeu représente un total de 110 millions d'euros, "intérêts non compris".

"Les jeux d'argent ont une fonction, voire une utilité sociale" reconnaissent sociologues et psychologues, tout comme ils mettent en garde contre le "jeu excessif" et la nécessité de trouver des réponses de "santé publique, avec de vraies campagnes de sensibilisation et d'?ducation, un contrôle de la publicit?, et un accompagnement des personnes les plus fragiles".

En con clusion, comment réguler un secteur d'activité sur un fond de dérégulation générale ? C'est bien tout le problème, alors qu'internet repousse les limites du jeu et titille chez nous "la part du non raisonnable". Vaste sujet