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mercredi 18 avril 2007


Jacques Myard plaide pour une politique industrielle européenne

Dans son rapport, coécrit avec le député socialiste Jérôme Lambert, le député-maire de Maisons-Laffitte (UMP) plaide pour une relance de l'industrie en France et en Europe, propose des solutions et revient sur un certain nombre d'idées reçues.

La première d'entre elles :"les services vont remplacer l'industrie". "Faux" répond Jacques Myard, auteur d'un rapport d'information déposé en mars pour la Délagation pour l'Union européenne. "En quinze ans, l'emploi industriel en Allamagne est passé de 9.5 millions à 5.1 millions de salariés et dans le même temps, la France en a perdu 1.5 millions. Tous n'ont pas été compensés, et ce serait une grave illusion de croire qu'on gardera le savoir-faire des services si nous n'avons plus d'industrie manufacturière et plus d'expérience dans ce domaine.

Pour faire face à cette situation, et éviter de subir la loi d'un marché qui fait la part trop belle à des pays comme la Chine et l'Inde "entrés trop rapidement dans l'organisation mondiale du commerce", le politique doit, selon lui, reprendre les rênes. Il s'oppose d'ailleurs en cela aux anglo-saxons fravorables au "tout concurrence". Il appartient au politique de fixer le cadre macro-économique dans lequel les entreprises vont évoluer, clame-t-il. Aujourd'hui, elles ne sont pas favorables au développement de l'industrie en France et en Europe. Les Américains l'ont compris et ont commencé à réagir fortement. Il faut donc mettre en place une stratégie industrielle au niveau européen et national".

Première étape de cette stratégie : redonner aux épargnants français l'envie de réinvestir en France alors "qu'une partie de cette épargne était partie vers des pays à forte croissance". Ses solutions : d'abord "abaisser l'impôt sur les sociétés et supprimer l'ISF qui est une ânerie monumentale". Ensuite "stabiliser les capital des petites sociétés innovantes, qui sont la proie des fonds de pension, à travers des aides de l'Etat. Et là, il faut mettre le paquet, comme l'ont fait les Allemands".

Le député-maire de Maisons-Laffitte regarde aussi du côté des Américains, qui ont mis en place un système favorable aux PME : "le Small Buisness Act", qui non seulement favorise l'investissement dans la recherche et le développement, mais "permet de déroger aux règles des marchés publics pour réserver un pourcentage aux PME. Aux USA, 23% des marchés publics leur sont réservés. La France milite avec l'Allemange auprès de la Commission européenne pour mettre en place un tel système. C'est jouable, c'est une question de volonté politique.

Enfin, il est un sujet sur lequel il se montre "intraitable" : "il faut garder les centres de décision et de formation des grandes entreprises en Europe pour conserver le savoir faire dans les pays d'origine !"

Et à l'en croire, il y a urgence, car le rythme des délocalisations va s'accélérer. "Dans la période de 1970 à 2002 elles ont coûté 10% d'emplois à la France, 13% rien qu'entre 1987 et 2002 et ça va s'accélérer. Le centre de sociologie de l'innovation estime qu'elles vont passer à 25 % dans les années qui viennent, si nous ne faisons rien".

Patrick Wassef