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le 5 mars 2008


Les paris à la cote vont-ils tuer les événements sportifs ?

Jacques Myard craint que les paris à la cote qui pourraient être institués par l'ouverture à la concurrence du marché des jeux en ligne

Par Philippe Roudeillat

Sous la pression de Bruxelles, la France a lancé le chantier de l'ouverture à la concurrence du marché des jeux en ligne. Un projet de loi porté par Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, devrait faire exploser ce monopole détenu par la Française des Jeux et le PMU, seuls habilités à proposer la possibilité de jouer en ligne. Inéluctable, cette libéralisation entraîne des inquiétudes chez certains parlementaires. Ainsi, Jacques Myard, Député-maire de Maisons-Laffitte, la ville du Cheval, reste circonspect même s'il estime que ce projet est bon à"90%". Reste 10% d'inquiétude.

une source de fraude
"J'ai plusieurs sources d'interrogations par rapport à ce texte. Tout d'abord, cela concerne la possibilité d'instituer des paris à la cote sur les paris sportifs. J'y suis totalement hostile, car ce type de paris constitue une source de fraudes, explique Jacques Myard. En effet, ce type de paris oppose par définition le prestataire à ses clients, leurs intérêts étant contradictoires puisqu'ils parient l'un contre l'autre. L'entreprise ne gagne de l'argent que lorsque le client en perd. A l'inverse, le système du pari mutuel fait parier les joueurs les uns contre les autres, l'opérateur se contentant d'un prélèvement fixe sur la totalité des enjeux, la cote fluctuant jusqu'à la clôture de l'enregistrement des paris".

La seconde grosse inquiétude du député touche au fait que dans ce projet de loi, les paris hippiques soient une sous catégorie des paris sportifs. Jacques Myard craint en effet qu'à plus ou moins long terme, les courses hippiques soient elles aussi victimes de ce type de paris.

Cela tuerait les courses
"Il y a en effet un risque que par le biais d'un recours devant les tribunaux et le Cour de Justice européenne, les paris à la cote soient étendus à la filière hippique, cette dernière n'étant en définitive qu'une catégorie de paris sportifs. Cela serait dramatique pour la filière hippique. Cela tuerait les courses. Au Royaume Uni par exemple, où le système du bookmaking est prépondérent, de nombreux cas de fraude et de corruption entâchent régulièrement le spectacle des courses hippiques"

On peut parier que Jacques Myard, président du groupe Cheval de l'Assemblée nationale, ne sera pas le dernier à présenter des amendements lors de la discussion du texte devant les députés.