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mars 2010


Jacques Myard :
la filière équine n'a pas de secret pour lui

Maire de Maisons-Laffitte, député des Yvelines, et président du groupe d'études sur le chaval à l'Assemblée nationale, Jacques Myard est de ces hommes qui oeuvrent pour la filière équine en France. Création d'une zone hippique à Maisons-Laffitte, publication d'un rapport d'information sur l'ouverture des paris en 2009... Jacques Myard revient sur son action dans le monde du cheval.

Quand on a la chance d'être le maire de Maisons-Laffitte, on ne peut que s'intéresser aux 800 chevaux de courses qui sont à l'entraînement. Ajoutons à cela les huit centres équestres de la ville, et ce sont plus de mille six cents chevaux et poneys que l'on recense dans la "cité du cheval". La ville est aussi le premier centre d'entraînement en Ile de France. On comprend donc que Jacques Myard n'ait eu de cesse de vouloir protéger, conforter, et promouvoir cette filière équine. Plusieurs mesures ont été prises à cet effet. "tout d'abord", commence M. Myard, "nous avons gagné la bataille urbaine, c'est à dire protégé les écuries contre les apétits des promoteurs immobiliers". Cela a abouti à la création d'une zone hippique sur laquelle il est interdit de construire autre chose qu'une écurie. "Avant que le projet ne soit mis en place, ce sont vingt neuf écuries qui avaient été détruites", ajoute le maire de la ville. "Et nous avons dû aller jusqu'au Conseil d'Etat".

Un autre volet de l'action du député-maire consiste en la protection de l'hippodrome de Maisons-Laffitte, dont l'existence fut un temps menacée. C'est sous le gouvernement Balladur qu'eut lieu finalement sa réouverture. "A partir de là, nous avons signé des conventions avec France Galop, le Département, la Région Ile-de-France, afin de protéger l'hippodrome. L'investissement total effectué s'est monté à sept millions d'euros", précise le député des Yvelines. Enfin, la dernière action importante de Jacques Myard pour le cheval à Maisons-Laffitte a été de décider la construction de carrières hippiques le long de l'hippodrome, créant ainsi de la place pour les activités propres aux sports équestres. Jusque là, seul le Grand Parquet de Fontainebleau, en Ile de France, proposait ce genre de surface. C'est aussi l'occasion de créer une synergie entre les activités de courses et les sports équestes en région parisienne.

Au vu de son mandat de maire de cette cité équestre, Jacques Myard a, assez logiquement, pris la présidence du groupe d'études sur le cheval à l'Assemblée nationale. Si ce groupe d'études a vocation à intervenir et suivre différents dossiers concernant la filière, il en est un, celui de l'ouverture des jeux, qui a grandement mobilisé Jacques Myard ! "Nous avons effectivement participé à la gestion du dossier", confie M. Myard, "en effectuant un travail poussé avec le ministre et l'ensemble des acteurs. Le défi était double. Il y avait la question du droit européen, mais la Commission européenne a vite été renvoyée dans ses buts. Et il fallait aussi relever le défi d'Internet : c'est un enjeu mondial, et l'on sait qu'on estime à trois milliards d'euros le montant des transactions sans retour à la filière", explique le président du groupe d'études, qui a publié un rapport d'information à ce sujet. "Ne jouons pas avec les jeux : pour une politique maîtrisée". Des licences nationales ont donc été créées pour les opérateurs, ceci afin de protéger les sites légaux, d'assurer un retour à la filière, et de veiller à conserver un certain code de déontologie. Comment donc lutter contre les sites illégaux ? En bloquant la publicité pour tenter d'asphyxier ces entreprises, ou encore en bloquant le site internet lui-même... La lutte ne s'annonce pas facile mais le texte semble déjà en bonne voie : il a été adopté à l'Assemblée nationale le 13 octobre 2009, et sera discuté au Sénat à la fin du mois de février. On ne sait pas exactement quand la nouvelle loi sera effective, mais Jacques Myard souligne qu'il est impératif qu'elle soit adoptée avant la coupe du monde de football qui a lieu cette année en Afrique du Sud.

Si ce dossier a accaparé le groupe d'études ces derniers mois, il intervient également dans d'autres domaines. "C'est un groupe qui écoute la filière plus qu'autre chose, et qui réfléchit aux problèmes qui se posent à elle. Mais le milieu est beaucoup moins atomisé qu'avant", se réjouit le député des Yvelines. "Il s'est pris en charge et comprend mieux les enjeux économiques". S'il est une question brûlante dans le domaine du cheval en ce moment, c'est bien celle du devenir des Haras Nationaux. Interrogé à ce sujet, M. Myard se montre sceptique quant au projet de fusion avec l'Ecole Nationale d'Equitation à Saumur : "Je m'interroge... Une administration mixte, oui, mais les deux institutions ne font pas le même métier. Chacune a sa propre identité" Et le projet visant à faire passer le cheval dans la catégorie des animaux domestiques : est-il bien sérieux ? "C'est mon ami M. Luca (député des Alpes Maritimes ndlr) qui porte ce projet. Mais ce n'est pas réalisable", répond-il d'un ton amusé. "Ne pas manger de cheval est le choix de chacun. Et il ne faut pas oublier que c'est grâce à la boucherie qu'on a sauvé les chevaux de trait en France, en soutenant le maintien de différentes races." Et de conclure : "Si on revient à 1870, on mangera du chien et du chat."