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18 octobre 2003
De la tenue pour l'école de la République
Jacques Myard député UMP des Yvelines Président du cercle Nation et République
Au fil des siècles, après de violentes confrontations, la France a su bâtir un concept original et pivot de la vie en société : la laïcité. Son fondement est simple : la religion appartient à la sphère privée et relève de la conscience de chacun, la loi issue du suffrage universel réglemente la sphère publique. Ses effets sont non moins simples : elle exige dans les lieux publics, dont l'école laïque, la neutralité de tous les acteurs au regard des questions religieuses et l'égalité pour tous. A l'évidence, ces principes sont remis en cause par certains adeptes du fondamentalisme religieux qui veulent imposer leur dogme à la loi civile. Pour les islamistes, le voile n'est qu'un élément pour tester la fermeté des institutions républicaines : il habille un statut diminué de la femme et une vision archaïque de la société aux antipodes de nos valeurs laïques et libérales. Face à cette stratégie, certains, aveuglés par une lecture laxiste et suicidaire des droits de l'homme prônent une tolérance, qui n'est, en réalité, que coupable complaisance. Cette attitude est irresponsable. Il est urgent de mettre un terme à cette dérive politico-religieuse communautariste qui conduit inévitablement à de violents conflits. Il est urgent de réaffirmer par la loi les principes de la laïcité notamment à l'école et dans tous les services publics. L'école doit proscrire tous signes distinctifs visibles, politiques ou religieux et elle serait bien inspirée d'introduire également une tenue identique pour tous les élèves d'un même établissement. Ainsi serait illustré le principe de laïcité, rappelant que l'école est d'abord le lieu d'apprentissage des savoirs sous l'autorité des maîtres et des professeurs auxquels les enfants doivent le respect. Les enfants ne sont pas des adultes : en adoptant une tenue pour les élèves, l'école renforcera leur protection en les mettant à l'abri de toutes les instrumentalisations, qu'elles soient commerciales, politiques ou religieuses, pour privilégier leur formation. C'est à ce prix que la France garantira à ses enfants, dans le respect de leur conscience, l'accès à l'autonomie de pensée afin qu'ils deviennent des citoyens libres.
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