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lundi 10 novembre 2003


Les évêques sont hostiles à une loi sur la laïcité

Le débat sur la laïcité, relancé par les affaires du voile islamique s'est invité à la conférence épiscopale qui s'achève ce matin à Lourdes. Les évêques de France se sont à nouveau déclarés hostiles à toute loi. Ils craignent, comme l'explique au Figaro Mgr Joseph Doré "l'équilibre satisfaisant, atteint après un siècle de laïcité soit remis en cause par l'émergence de courants intégristes". L'épiscopat redoute une régression laïciste déjà sensible à ses yeux, qui remettrait en question les aumôneries dans les lycées, les hôpitaux ou les prisons, les bonnes relations avec les élus politiques, la gestion des édifices affectés au culte, le statut des établissements catholiques sous contrat, etc.
L'archevêque de Strasbourg estime, par ailleurs, qu'un nouveau texte ne réglerait pas la question du port du foulard islamique. "Si c'est un phénomène religieux, il faut le traiter come tel et donc le confier aux responsables religieux, et non l'aborder par une loi. Laquelle ferait le jeu des intégristes qui amalgament religion et politique".
"Les évêques n'ont rien compris aux enjeux de la société, s'agace le député UMP Jacques Myard, membre de la mission parlementaire sur les signes religieux à l'école présidée par Jean-Louis Debré. Leur béatitude vis à vis du fondamentalisme musulman relève d'un aveuglement coupable. Face à la montée du communautarisme et du prosélytisme musulman, l'Eglise devrait se rendre compte que la laïcité la protège". La mission Debré, qui achève son rapport mercredi, préconise l'interdiction du port de signes religieux ou politiques dans les établissements scolaires publics et privés sous contrat. Les écoles catholiques seraient donc directement concernées.