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Communiqué de presse
de Jacques Myard
Député UMP, président du Cercle Nation et République

Paris, le 21 octobre 2011

Un ministre européen de l’économie : la nouvelle illusion !

Une nouvelle fois les fédéralistes se bercent d’illusions en proposant que la zone euro se dote d’un ministre des finances pour sauver la monnaie unique en contrôlant les budgets des Etats.
 
Cette ingérence fédérale remettrait directement en cause la souveraineté des parlements nationaux, et pose un réel problème politique : celui de la mise sous tutelle de la démocratie. Cette disposition est totalement contraire à la constitution française, ainsi qu’à la décision de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, qui rappelle « qu’en dernier ressort la décision appartient à la Diète fédérale allemande qui représente le peuple, car il n’existe pas de peuple européen mais seulement un peuple allemand, un peuple français » etc, selon ses propres termes. L’Allemagne ne pourrait accepter ce contrôle qu’en imposant son Diktat !

Mais au delà du problème politique, les fédéralistes se bercent d’une profonde illusion sur l’efficacité du contrôle des budgets nationaux par un mécanisme fédéral. Le fond du problème n’est pas le prétendu laxisme des Etats, mais la perte de compétitivité des pays faibles, étranglés par une monnaie surévaluée et inadaptée à leur situation. Le déficit n’est que la conséquence et non la cause de la crise.

Le principe fondamental de la zone euro en resterait donc inchangé : les pays riches comme l’Allemagne doivent payer pour les pauvres, de la même manière qu’en France l’Etat transfert l’argent de Paris vers la Corrèze par le biais de la DGF pour y maintenir les services publics, les infrastructures ou la politique sociale. Aujourd’hui, le coût annuel pour l’Allemagne représente 3 à 4 points de PIB pour maintenir les pays faibles dans la zone euro ; c’est plus que la Réunification !

Les européistes pétris de leur idéologie refusent une nouvelle fois de regarder la réalité en face, à savoir l’inadaptation d’une monnaie unique plaquée sur des économies divergentes. Leur dogmatisme va nous coûter cher, non seulement d’un point de vue économique, mais aussi en termes politiques, en raison des affrontements entre les Etats et les peuples qui n’ont plus confiance en cette construction artificielle.