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Communiqué de presse
de Jacques Myard
Député UMP, président du Cercle Nation et République

Paris, le 14 mai 2010

Rigueur : folie suicidaire !

M. ZAPATERO vient d’annoncer sur le modèle grec qu’il allait réduire les salaires des fonctionnaires. D’autres dirigeants, en parlant de rigueur, s’apprêtent à faire des coupes sombres dans les dépenses publiques en taillant dans les salaires, les prestations sociales et les aides économiques.

Si comme le souligne François FILLON il ne s’agit pas de mettre en place un plan d’austérité mais de continuer à réformer l’Etat en faisant des économies structurelles tout en ayant le même niveau de prestation, on ne peut qu’être d’accord : il y a toujours des économies à faire.

En revanche, on voit bien aujourd’hui que la logique de la rigueur découle d’une volonté des Etats de réduire la dette publique alors que les Etats se sont endettés pour relancer la machine économique.

Le discours de réduction de la dette est toujours le même : revenir à l’équilibre budgétaire puisque le déficit est source de malheurs. Malheureusement, à un moment où la croissance tarde à revenir, cette politique est une politique déflationniste suicidaire, qui ne fera qu’aggraver la crise.

Il est certes louable de vouloir réduire l’endettement public, mais le seul objectif qui doit prévaloir aujourd’hui est la stabilisation de la dette. De plus, la réduction de la dette passe plus par l’augmentation des recettes que par les coupes sombres dans les dépenses

Il convient également de rompre avec un autre dogme selon lequel les Etats devraient emprunter sur les marchés financiers comme le font les entreprises privées. L’Etat a une autre nature et une autre mission que de faire du profit. Il n’est pas une entreprise !

En conséquence la solution est de monétiser la dette par des avances des banques centrales aux Etats à des taux minimes, de façon à leur permettre de retrouver les liquidités sans augmenter la part de la dette dans le PIB.

Les classiques vont hurler à l’iconoclasme, il n’en demeure pas moins que l’alternative est simple :

- respecter les dogmes de la monnaie unique et du pacte de stabilité avec une déflation suicidaire et des troubles sociaux assurés ou,

- Accepter une reprise raisonnable et contrôlée de l’inflation (5 à 6 %) de façon à assainir progressivement les finances publiques par la création de liquidités monétaires octroyées aux Etats par les banques centrales pour conforter et accélérer la relance.

Il y a un moment où il faut avoir le courage de sortir des dogmes éculés du monétarisme !