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Paris, le 10 mai 2010 Fonds européen d’intervention, un fusil à un coup ?Le Conseil européen a décidé le 9 mai de mettre en œuvre un plan d’intervention pour prêter aux Etats membres de la zone euro en difficulté en constituant un fonds permettant de mobiliser 500 milliards d’euros auxquels il faut ajouter 100 milliards du FMI, ce montant apparaît a priori très important. Cette décision s’inscrit dans la logique du système euro : une monnaie unique implique nécessairement que les riches soutiennent financièrement les maillons faibles dont la compétitivité est « distancée » par les pays forts, dans le cas d’espèce l’Allemagne. La zone euro à ce stade, ne peut fonctionner qu’en se transformant en union de transferts. Néanmoins cette aide massive est-elle de nature à « guérir » la zone euro ? Il est évident qu’elle n’agit que sur les conséquences de la perte de compétitivité et non sur les causes. Elle fera tomber la fièvre, mais le malade demeure structurellement malade. Dans ces conditions, de deux choses l’une : - Les Etats riches sont décidés à mettre sous perfusion les maillons faibles de manière permanente, tout en monétisant la dette des Etats par des avances des banques centrales aux Etats, en modifiant les règles du Traité, dans ce cas l’euro survit. - Ou les Etats forts s’arrêtent de payer obligeant les Etats faibles à retrouver leur compétitivité en dévaluant leur monnaie, c’est à dire en sortant de l’euro. Les événements récents - compte tenu des difficultés d’adoption du plan d’intervention annoncé le 9 mai - permettent de douter que ce plan sera pérenne. Il est fort à parier que ce plan sera un fusil à un coup. Il ne suffit pas d’annoncer sa création, encore faut-il qu’il soit effectivement mis en œuvre. De surcroît les sommes mobilisées ne sont pas à la hauteur de l’enjeu c’est à dire des besoins de l’ensemble des Etats de la zone en difficulté. En fait les sommes mobilisables répondent aux besoins d’une année tout au plus. On sera alors ramené contraint et forcé à la 2è branche de l’alternative : la sortie de l’euro. Cela se passera dans les pires conditions, par aveuglement idéologique, les Etats européens refusent de tirer les conclusions de la faillite du système de la monnaie unique inadapté aux économies grecque, espagnole, portugaise, italienne, et même française. Ce fonds s’apparente gravement à de l’acharnement thérapeutique. |
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