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Communiqué de presse
de Jacques Myard
Député UMP, président du Cercle Nation et République

Paris, le 22 juillet 2011

Zone Euro / Accord de Bruxelles / Soyons sans illusion,  le problème reste entier !


L’accord d’aide à la Grèce est présenté comme une victoire de la zone euro ! Malheureusement le problème reste entier ; pire même, on est en droit de se demander si cet accord n’a pas mis en place une véritable machine infernale qui va conduire inéluctablement au bouquet final !

La Grèce va bénéficier d’un prêt de 79 milliards ( UE+ FMI) et d’une restructuration partielle de sa dette soit au total une aide de 158 milliards d’euros. De surcroit, le Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) va être aussi autorisé à intervenir sur le marché secondaire pour racheter les Bons du Trésor des pays en difficulté.

Indubitablement, ce système prôné par la Banque Centrale Européenne constitue une mutualisation européenne des dettes souveraines des Etats.

La zone euro est ainsi directement entrée dans l’ère de l’Union de transferts - les riches – France–Allemagne – s’engagent à honorer les dettes des faibles – Grèce aujourd’hui, et demain le Portugal – l’Espagne … ???

Ce système de mutualisation des dettes souveraines est-il à la hauteur de l’enjeu, de plus la mutualisation est-elle la réponse aux causes de la crise de la zone euro ?

- En premier lieu, la force du FESF demeure très limitée, sur le papier il peut mobiliser par emprunt 440 milliards d’euros en réalité sa capacité est fortement réduite car seuls les Etats notés triple A peuvent conférer au fonds la même garantie. En réalité le Fonds ne peut emprunter plus de 260 milliards dans la situation actuelle.

En conséquence, la capacité du FESF n’est pas à la hauteur pour racheter les dettes souveraines de la Grèce mais aussi du Portugal et de l’Espagne et peut être après demain de l’Italie.

- En second lieu, cette aide n’aura aucun effet sur les causes réelles des difficultés de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne voire de l’Italie : la perte de compétitivité économique.
Dans ces conditions, l’accord de Bruxelles permet de gagner du temps sans espoir de retrouver une compétitivité économique, gage d’avenir.
Les contribuables français et allemands doivent savoir que l’aide apportée à la Grèce ne sera jamais remboursée, car ce pays est et sera incapable de rembourser ses créanciers. La dette grecque est aujourd’hui une dette française et allemande.

C’est la réalité incontournable, sans appel !

On doit la vérité aux Français à un moment où la France est déjà fortement endettée, l’accord de Bruxelles rajoute la dette grecque à la française.

Dans ces conditions l’accord de Bruxelles va fonctionner comme un engrenage, une machine infernale : les Etats européens vont s’endetter ensemble, sans pour autant rétablir la compétitivité économique des Etats étranglés par un euro surévalué.

L’Union européenne ainsi transformée en Union de transferts conduit inéluctablement au bouquet final quand payer pour les autres deviendra insupportable.