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Communiqué de presse
de Jacques Myard
Député UMP, président du Cercle Nation et République

Paris, le23 février 2011

Diplomatie : au-delà des polémiques, posons les vraies questions !

Les attaques anonymes, même si elles émanent de professionnels expérimentés et chevronnés, sonnent faux, tant elles s'inscrivent dans la perspective des polémiques électorales à venir.

Prenons les critiques élément par élément.

- La France n'a rien vu venir ! Aucun de ces professionnels chevronnés n'a prévu une déliquescence aussi rapide des régimes policiers et dictatoriaux arabes. A ce titre, chacun doit balayer devant sa porte. La réalité dépasse souvent les hypothèses émises. C'est là, somme toute, quelque chose de réconfortant : l'avenir demeure imprévisible. Dès lors, rien ne sert d'accuser autrui d'avoir échoué à prévoir ces événements pour masquer ses propres faiblesses !

- Notre outil diplomatique a été délaissé : toute la classe politique porte une responsabilité forte dans la cure d'amaigrissement imposé à notre appareil diplomatique depuis 1990, quel que soit le Gouvernement en place. C'est une situation que je n'ai cessé, pour ma part, de dénoncer lors du vote du budget.

- La médiatisation prendrait le pas sur l'action réfléchie et visionaire ?
Je me souviens avoir entendu les mêmes critiques sur le discours de Pnom Penh prononcé par le Général de Gaulle ! Il n'y aurait pas de vision à long terme. Ce reproche n'est pas acceptable car la France sait aussi mener une politique à long terme au Proche-orient notamment. La reprise du dialogue avec la Syrie en est la preuve.

Mais au-delà de l'écume des polémiques sur les événements, il est navrant que personne ne pose la question structurelle de notre diplomatie, à savoir son indépendance.

Les professionnels se plaignent et feignent de déplorer que la voix de la France ne se fasse plus entendre mais ils se gardent de poser la seule question qui vaille, celle du multilatéralisme, européen notamment.

Comment pourrait-elle être entendue lorsqu'ils prônent à longueur de temps la diplomatie européenne dans laquelle la voix de la France se noie dans la quête stérile d'un consensus aboutissant au plus petit dénoninateur commun, au nom d'une Europe puissance illusoire ?
C'est bien ce qui s'est passé avec l'Union Pour la Méditerranée (UPM), objectif incontournable mais initiative mort-née dès lors que, sur la pression de l'Allemagne, elle fut replacée dans le processus communautaire de Barcelone !

Ces professionnels anonymes ne vont pas au bout de la logique de leurs critiques. Ils portent eux-mêmes par conservatisme technocratique les habits de la vassalité.

La voix de la France ne peut exister qu'avec l'insolence de l'indépendance. A elle de hiérarchiser ses priorités : la Méditerranée, le Proche et Moyen-orient, l'Afrique.

Nous avons les moyens, à nous d'en avoir la volonté !