L’échec programmé de la politique monétaire de l’Allemagne !

Les historiens du futur ne manqueront pas de juger très sévèrement la politique monétaire imposée par l’Allemagne à la zone euro.

Depuis la création de l’euro, l’Allemagne a régné en maître à la BCE et fait prévaloir ses conceptions.

Pendant de nombreuses années, la BCE a conduit une politique monétaire restrictive pratiquant des taux d’intervention élevés, poussant à la hausse l’euro face au dollar, pénalisant fortement les exportations et la croissance françaises.

Aujourd’hui, son opposition radicale à la monétisation des dettes des Etats, conjuguée à son exigence de contrôler les budgets nationaux – allant jusqu’à demander des sanctions automatiques prononcées par la Cour de Justice en cas de déficits– conduit inévitablement à l’implosion de la zone euro. C’est, en outre, la négation de la démocratie : cette dernière proposition est politiquement inacceptable, elle transforme l’euro en une bombe à retardement dont les effets désastreux vont aller croissant en créant des tensions extrêmes entre les peuples, tensions que l’on croyait révolues. A la perte consommée de la souveraineté monétaire, on ajoutera la vassalisation politique complète aux technocrates de Francfort par la perte de souveraineté budgétaire.
De surcroît, la France, en adoptant les thèses allemandes sur la gestion rigoriste de l’euro, va directement à l’encontre de ses intérêts économiques, et provoque la colère de ses autres partenaires européens. La France, en privilégiant Berlin, se met à dos tous les autres pays. La récente intervention d’un parlementaire italien s’exprimant en français au Sénat, prétextant qu’il utilisait la langue imposée par ceux qui exigent les plans de rigueur, illustre parfaitement les dégâts causés par une politique monétaire dictée par Berlin et suivie par Paris !

Les plans de rigueur conduisent à la récession et à l’implosion de la zone euro : c’est une certitude.
Il y a urgence à dire ses quatre vérités à l’Allemagne. Une conférence des Etats de la zone euro devrait décider de
• monétiser la dette pour relancer les investissements
• faire baisser l’euro sur les marchés des devises
• rééchelonner et restructurer toutes les dettes souveraines: en d’autres termes, remettre les pendules à zéro
• transformer l’euro monnaie unique en monnaie commune pour retrouver de la compétitivité ou alors c’est à l’Allemagne de sortir de l’euro et de porter seule la responsabilité suicidaire d’un euro fort totalement inadapté à tous les pays de la zone.

La France doit prendre ses distances vis-à-vis de l’Allemagne; coller à la politique allemande mène à une totale impasse économique et politique.