Discours de Toulon

Le Président de la République a raison de fustiger les décisions irresponsables des gouvernements socialistes – les 35 heures et la retraite à 60 ans – qui ont pesé et pèsent de manière structurelle sur la compétitivité économique de la France.

On ne peut que saluer la nécessité réaffirmée de financer autrement que par les seules cotisations sur le travail notre système social, il faut taxer notamment les biens importés fabriqués par des pays qui manipulent leur monnaie, et pratiquent le dumping social, financier et environnemental.

Quant aux questions européennes, Jacques Myard approuve le Président de la République lorsqu’il demande que tout le système de Schengen soit repensé.

De surcroit, privilégier l’approche intergouvernementale est la seule qui puisse réconcilier la nécessaire coopération européenne avec la souveraineté des peuples.

A ce titre, il est évident que l’actuelle méthode communautaire avec sa boulimie de compétences aboutit à la paralysie et conduit l’Europe à l’apoplexie.

Il ne s’agit pas seulement de modifier les traités, il convient de tout remettre à plat. L’Europe doit s’en tenir à l’essentiel et ne doit traiter que des enjeux qui concernent l’organisation librement consentie d’un continent regroupant bientôt plus de 30 Etats, la subsidiarité doit être strictement appliquée.

Quant à l’Euro, si on doit saluer les efforts continus du Chef de l’Etat pour tenter de sauver une monnaie unique totalement inadaptée à des économies divergentes, on doit se rendre à l’évidence que le dogmatisme allemand et le refus réitéré de Berlin de monétiser la dette et de payer pour les faibles a sonné le glas de la monnaie unique !

Le renforcement de la discipline budgétaire n’y changera rien, car cela ne permettra pas aux pays en déficit de retrouver de la compétitivité économique face à une Allemagne dont la puissance économique déséquilibre totalement la zone euro.

On n’arrivera à faire fonctionner une monnaie unique que le jour où la puissance de la Ruhr sera installée dans la plaine du Péloponnèse, sur la Costa Del Sol, les bords du Tage voire en Corrèze !

Le système de la Zone Euro a atteint ses limites. Il est vain de croire qu’il peut être sauvé, et surtout pas en « collant » à l’Allemagne.

Il est urgent de réfléchir collectivement à un Euro monnaie commune – i.e. Monnaie de référence pour les échanges intra-européens et internationaux – regroupant des monnaies nationales adaptées aux économies des pays concernées et permettant leur ajustement permanent.

Lorsqu’un instrument monétaire est inadapté, on en change !

Toute autre politique est suicidaire !

L’Euro n’est pas l’Europe.

L’Europe existera longtemps après la mort de la monnaie unique.